samedi 28 septembre 2013

« Le Cid » de Pierre Corneille (1637)

    On ne présente plus le célébrissime drame de Pierre Corneille. Véritable ode à la bravoure, au sens du devoir et à l'honneur, mais aussi à l'amour passionné, « Le Cid » a reçu un accueil triomphal de la part du public de l'époque, malgré des querelles académiques sur l'esthétique de la pièce. Et plusieurs siècles après, on ne peut pas dire que l'engouement pour cette pièce se soit éteint. De nombreux acteurs renommés ont revêtu le costume de Don Rodrigue (dont le plus représentatif est peut-être Gérard Philipe), conférant au rôle une aura toute particulière. Mais au-delà du succès de la pièce de Corneille, que vaut-elle vraiment, si tant est que l'on puisse se risquer à émettre un jugement à son encontre ? Il faut bien le dire, « Le Cid » est un grand classique. Des répliques cinglantes et inoubliables, des personnages d'anthologie (Rodrigue, le héros par excellence, Chimène, la femme dans toute sa splendeur, Don Gomès, l'arrogant et perfide aristocrate, Don Diègue, le vieillard humilié,...), un dilemme... cornélien, de l'action, de l'amour, de la haine, de la passion, de l'aventure,... Tous ces ingrédients font de cette œuvre un sommet du classicisme théâtral. Pourtant, au risque de rouvrir la querelle stylistique qui opposa notamment Corneille à Scudéry... « Le Cid » est quelque peu bancal. Il faut dire que j'avais l'édition critique de Larousse sous les yeux quand j'ai lu la pièce, ce qui n'est pas pour avantager le pauvre Corneille. Mais de fait, les sentiments de Chimène sont parfois bien étranges et peu vraisemblables, malgré leur relative subtilité. Et le style de l’œuvre est tout de même très empesé, certains alexandrins sont merveilleux, d'autres sont maladroits et indigestes. Tandis que la mécanique de l'ensemble est par moment mise à mal. Ne parlons pas de l'unité de temps supposée, difficilement crédible, mais plutôt de la façon dont le drame se noue et se dénoue. Je ne peux m'empêcher d'y voir une certaine artificialité, malgré la volonté de Corneille de rendre le tout spontané. Le drame est trop basé sur le fameux dilemme de Rodrigue, si bien que l'intrigue peut se résumer à une hésitation qui s'éternise plus que de raison, avant de se résoudre au choix sans trop que l'on sache pourquoi... Je schématise un peu grossièrement, mais on ne retrouve pas ici la richesse des œuvres de Sophocle ou de Shakespeare. Dommage... Mais « Le Cid » reste toutefois recommandable.

[2/4]

mercredi 4 septembre 2013

Citation du mercredi 4 septembre 2013

« Le beau murmure comme le bien ; ils sollicitent une volonté droite ; ni l’un ni l’autre ne contraignent, l’un et l’autre suggèrent, l’un et l’autre comblent si l’on sait entendre et répondre au murmure, donnent donc le goût de vivre, ouvrent au sens de la vie, fortifient une liberté humaine. »

Paul Valadier
(La Beauté fait signe, 2012)
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