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mardi 28 juillet 2026

« Reality Awaits » de The Strokes (2026)


Chaque nouvel album des Strokes fait beaucoup parler de lui. Cette fois, je lis un peu partout que le groupe n'aurait sorti qu'un seul (très) bon album, l'inaugural « Is This It », et que le reste serait sans intérêt. Ce qui est faux et stupide : si le groupe crée toujours le buzz à chaque nouvel opus, c'est bien qu'il a su composer d'autres bons albums. Pour ma part, je tiens en très haute estime « Room On Fire » et le mal aimé « Angles ». Et « First Impressions of Earth », « Comedown Machine » et « The New Abnormal » comportent un certain nombre d'excellentes chansons.

Maintenant que vaut « Reality Awaits » ? Pour moi, c'est un peu un nouveau « Angles », un album qui ose de nouvelles choses, quitte à déplaire à la fanbase, tout en ayant une atmosphère plutôt sombre et désenchantée. Alors que « The New Abnormal » était un album des Strokes très classique, dans la droite continuité de leurs trois premiers albums, une sorte de garage rock rétro, lorgnant du côté de la musique classique avec ses arpèges et autres marches harmoniques, qui font la signature sonore du groupe. Pour moi, le sommet de l’album était la chanson At the Door, mêlant rock progressif et électro avec talent, mais elle était complètement à part. Ses géniales intuitions n’ont pas été développées dans le reste de l’album, qui est certes plaisant mais un peu décevant par son manque d’audace.

On sent que « Reality Awaits » est beaucoup plus imprégné des expérimentations des Voidz, le side project de Julian Casablancas. Mais alors que les deux premiers albums des Voidz, « Tyranny » (2014) et « Virtue » (2018), étaient sublimes et de grands disques, le troisième, « Like All Before You », sorti en 2024, était une énorme déception : un album mollasson débordant d'autotune mal gérée. J'attendais donc avec beaucoup d'appréhension ce nouvel album des Strokes, avec un Casablancas en grosse perte d'inspiration.

Or, dans un étonnant mouvement de balancier, il se trouve que « Reality Awaits » est nettement plus inspiré et réussi que « Like All Before You ». Et je le trouve même bien plus audacieux que « The New Abnormal » (2020), dont on sentait qu'il était trop enserré dans le carcan du cahier des charges des Strokes. Avec « Reality Awaits », Casablancas ose enfin avec les Strokes les morceaux de bravoure dont il nous a gratifié avec les Voidz, en commençant par le premier titre de l'album, Psycho Shit, longue complainte et montée en puissance, qui voit le chanteur finir par s'égosiller en poussant sa voix au maximum, pour notre plus grand plaisir. Il renouvelle l’essai avec Liar’s Remorse, vers la fin du disque, avec autant de réussite.

L’album contient tout de même quelques titres imparables typiques des Strokes, au classicisme rock et au groove fort appréciables, tels que Lonely in the Future et The Fruits of Conquest. Dine N’Dash est un titre plus original et très réussi lui aussi, qui voit les Strokes s’aventurer vers des sonorités plus complexes et plus subtiles.

« Reality Awaits » comporte tout de même un ventre mou de chansons nettement moins intéressantes (il y a toujours des déchets dans les albums des Strokes, à côté de grands titres) : les chansons Falling out of Love, Going to Babble On et le premier single Going Shopping, complètement insipide et oubliable. Et puis il est vrai qu’on frise le trop plein d’autotune, utilisée avec un peu trop de facilité par Casablancas pour masquer certains manques d’inspiration. Mais je trouve qu’elle est beaucoup mieux gérée que dans « Like All Before You », où elle ruinait purement et simplement l’album.

Avec ses textes sombres, mélancoliques et ironiques, et ses expérimentations sonores, « Reality Awaits » me semble prouver que les Strokes et Casablancas sont toujours dans la course, même s’ils ont perdu des plumes. Ça reste quand même un disque fragile, et depuis une dizaine d’années Julian est un peu sur une pente descendante en termes d’inspiration, après des années 2010 éblouissantes, alors qu’on le croyait déjà fini à l’époque. La discographie des Strokes, c’est un peu les montagnes russes : des espoirs confirmés et des déceptions parfois amères, des chutes vertigineuses et des résurrections inattendues. Savourons cette nouvelle livraison… jusqu’à la prochaine, qui va encore faire couler beaucoup d’encre !

[3/4]

dimanche 26 juillet 2026

« L’Odyssée » (The Odyssey) de Christopher Nolan (2026)


« L'Odyssée » de Nolan génère un flot de discussions insensé sur internet et dans mon entourage. Et c'est certainement le signe de l'intérêt de ce film, quoi qu’on en dise. Il est vrai que Christopher Nolan s'attaque à rien moins qu'une des plus grandes et des plus anciennes œuvres de la culture occidentale et même mondiale : la fresque éponyme contée par Homère. Que vaut la version / vision de Nolan ?

Eh bien, il y a à boire et à manger. Il y a notamment plein de choses qui ne vont pas, des clichés, des choses pompières, boursouflées et kitchissimes, des plantages magistraux, quelques erreurs de casting, notamment Matt Damon dans son propre rôle en Ulysse (j'ai eu du mal pendant quasiment tout le film...), une musique souvent envahissante et qui surligne l'émotion pour bien nous faire comprendre à quel moment il faut s'émouvoir… Une mise en scène assez plate et peu inspirée, sauf à quelques rares et excellents moments (ça valait bien la peine de faire tout ce raffut sur le format IMAX 70 mm...). Et puis le montage n’est franchement pas terrible, les coupes, les enchaînements de scènes et les flash-back/forward étant souvent maladroits, avec un rythme pas toujours maîtrisé.

Et à côté de ça, il y a des idées et des intuitions brillantes, géniales même :

- Adapter ce récit en vaste complainte anti-impérialiste qui constate la chute et l'auto-destruction de l'empire états-unien après qu'il ait détruit une bonne partie du monde. Mais aussi faire de ce long métrage une méditation pacifiste et anti-guerre intemporelle et universelle. « L’Odyssée » de Nolan est un film profondément nostalgique et mélancolique, une grande tristesse le parcourt de bout en bout. Et j’avoue que j’ai trouvé ça très beau et que ça m’a profondément touché et marqué.

- Un casting tout de même fort réussi (à part Matt Damon), contre toute attente : Anne Hathaway en Pénélope (pour le coup je m’y attendais, c’est une actrice que j’aime beaucoup d'une grande élégance), Tom Holland en Télémaque, touchant par sa fragilité et sa candeur, Lupita Nyong'o fascinante en Hélène de Troie (peut-être la meilleure idée du casting, n'en déplaise aux racistes : n'oublions pas qu'Hélène est fille de Zeus [sic] et née dans un œuf [re-sic], c'est donc avant tout un personnage mythologique et imaginaire), Zendaya en Athéna, qui personnifie le remord, la culpabilité et la tristesse, Robert Pattinson en Antinoos, plus fourbe que jamais, l'androgyne Elliot Page émouvant en Sinon, Travis Scott en aède plein de panache, et bien sûr Benny Safdie en Agamemnon, déjà ultra culte, géant aux pieds d'argile et à l'aura folle. Allez, il y a quand même Charlize Theron, échappée d'une pub Dior avec son visage imperturbable et sa démarche chaloupée, qui est une des rares erreurs du casting (ou du moins mal filmée / mal dirigée), même si pas autant que Matt Damon.

- Il y a un certain nombre de scènes incroyables, qui vont marquer les esprits pour des années, établissant un nouveau standard dans l'adaptation de l'Odyssée : le Cheval de Troie échoué sur la plage, la séquence de Circé, beaucoup plus terrifiante que celle du Cyclope à mon sens, la séquence avec les Morts, et puis toutes les scènes avec Agamemnon, notamment la (vraie) scène de l'attaque de Troie, qui m'a retourné la tête et l'estomac, ou encore la scène du retour d'Ulysse à Ithaque (et j'en oublie certainement).

- Même si le montage est plutôt raté, la durée du film et la sensation qu’elle procure sont totalement justifiées. L'accumulation de mésaventures pour Ulysse et ses compagnons finit par accroître notre empathie envers les personnages. On éprouve le temps qui passe, on sent la difficulté de ces épreuves qui s’enchaînent. Et dans le dernier tiers du film, je n'ai pas pu m'empêcher de laisser couler les larmes, et à plusieurs reprises. C'est très rare, en ce qui me concerne, pour un film de Nolan (seul « Interstellar » m'a ému à ce point, et même davantage, car ça reste pour le coup un très grand film, voire plus).

- La musique de Ludwig Göransson a beau être parfois hyper envahissante, pompière et peu subtile, elle est parfois réussie lorsqu'elle emploie des instruments anciens sans vouloir en faire trop, conférant au long métrage des sonorités étranges et mystérieuses. Et puis ce thème principal à la flûte, complètement déchirant, me restera en mémoire encore bien longtemps...

En fait, ce qui est rageant, c'est que Nolan n’est pas passé loin du chef-d’œuvre. Il y a tellement de belles choses dans ce film, et une telle puissance, qu'il a en tout cas réalisé une œuvre qui restera. C’est désormais un jalon dans les adaptations de l'Odyssée, tous arts confondus. Hélas, il y a quelques éléments rédhibitoires, notamment un manque général de subtilité et des effets parfois trop appuyés.

Et puis la question tant discutée des conditions de visionnage est un peu une arnaque et de la poudre aux yeux. Le souci maniaque de Nolan de tourner en IMAX 70 mm (perso je l'ai vu en 70 mm non IMAX, au Max Linder) masque mal une mise en scène souvent peu inspirée... mais parcourue de quelques éclairs de génie, qui fort heureusement font pencher le film du côté de la réussite (à mon sens en tout cas, je comprends les personnes échaudées par les nombreux défauts du film).

Pour ma part, je ne m'y attendais pas, mais je me suis pris une semi claque, et ce sera sans doute un des films de 2026 qui m'auront le plus marqués. Et je compte bien le revoir, cette fois en IMAX numérique probablement, pour voir ce que ça donne, et pour revivre cette épopée bouleversante. Pour ce qui est de le voir en IMAX 70 mm, je ne suis pas fan de Nolan à ce point (je ne le suis pas du tout d'ailleurs), et je ne compte pas aller à l'autre bout de la France ou à l’étranger pour voir le film dans ces conditions...

En tout cas, je ne peux que vous inviter à aller voir ce film et à vous faire votre propre avis. C'est un long métrage qui divise, mais qui peut positivement surprendre. Pour ma part, je ne m'en suis toujours pas vraiment remis...

[3/4]

jeudi 12 mars 2026

« Le Gâteau du président » (Mamlaket al-qasab) d’Hasan Hadi (2026)


Le réalisateur Hasan Hadi place le cinéma irakien sur la carte mondiale du septième art, avec éclat. Pour un premier long métrage, « Le Gâteau du président » est très maîtrisé, aussi bien esthétiquement que scénaristiquement. Certes, les péripéties, nombreuses et surprenantes, peuvent sembler très (trop) écrites. En même temps, elles paraissent réalistes dans cet Irak des années 1990, complètement détruit par Saddam Hussein, qui spolie son peuple en se gavant, et par les Américains qui bombardent le pays sans se préoccuper de tuer et d’estropier des civils.

« Le Gâteau du président » est donc une sorte de quête initiatique qui va mal tourner, la vie pour des enfants dans ce pays et à cette période étant particulièrement terrible… La petite Lamia et son ami Saeed vont se confronter à la dure réalité de leur pays et de sa société patriarcale et corrompue. La majorité des adultes qu’ils vont croiser vont chercher à les voler, les tromper, les exploiter… voire pire encore. Heureusement que de temps en temps ils vont rencontrer des personnes bonnes, mais elles paraissent bien rares, dans un Irak du chacun pour soi et de la débrouille.

A ce titre, « Le Gâteau du président » est à la fois une fable, un conte social, à l’image du cinéma d’Abbas Kiarostami ou des débuts de Jafar Panahi. Mais il a aussi un ton humoristique corrosif, qui dénonce les pires travers et vices des êtres humains (surtout les hommes), sans trop en montrer mais en étant assez éloquent, ce qui peut rappeler certains aspects de l’art d’un Saeed Roustaee. Néanmoins si ce dernier peut parfois être qualifié de quasi misanthrope, Hasan Hadi conserve une part d’espoir et se range plutôt du côté des humanistes, mais des humanistes pessimistes et qui ont la rage de vivre dans un pays détruit par les puissants, qu’ils soient locaux ou étrangers.

Car le fil conducteur de ce long métrage reste cette demande de confectionner un gâteau pour Saddam Hussein, dont beaucoup de portraits bien kitsch sont souvent à l’écran, alors que le pays et ses habitants sont dans la misère, signe de son omniprésence et de sa mainmise sur le pays, les corps et les esprits. En témoignent les nombreuses séquences où la foule, d’élèves ou de passants dans la rue, scande le nom de Saddam en le couvrant de louanges. Or cette quête autour de ce gâteau et de ses précieux ingrédients paraît bien dérisoire et ironique, tandis que le dictateur vit dans l’ultra luxe, le sourire aux lèvres (voir le dernier plan, saisissant).

Au total, au-delà de ce scénario bien ficelé, qui dit beaucoup de l’Irak des années 1990, ce qui frappe aussi dans ce long métrage ce sont ces images incroyables de cette région du monde, sublimées par la magnifique photographie de Tudor Vladimir Panduru. Je pense notamment à cette zone des marais de Mésopotamie, où des Irakiens vivent dans des maisons flottantes ou sur pilotis, sur l’eau et au milieu des roseaux. Il y a des passages à tomber par terre de barques conduites le jour, sous un soleil éclatant, ou la nuit, éclairées par des lanternes lumineuses, dans une obscurité d’un bleu profond.

Un autre aspect qui m’a positivement surpris, c’est la grande liberté de ton du cinéaste, parfois vraiment osée, dans un pays qui reste musulman et plutôt traditionnel semble-t-il, même si la conception de l’Islam semble y être moins rigide que dans d’autres pays du Moyen Orient. Il y a des séquences surréalistes, drôles et assez sordides, je pense à celle du boutiquier et à celle du cinéma, qui marchent sur des terres inconnues dans le cinéma iranien, si l’on se réfère à un type cinéma relativement proche culturellement et géographiquement.

Dans tous les cas, « Le Gâteau du président » est une grande et belle réussite. Sa Caméra d’Or et son Prix du Public de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes semblent tout à fait mérités, tant c’est un long métrage qui allie ambition visuelle et narrative, audace de ton, maîtrise de bout en bout, et récit fort et touchant. Je ne peux que vous inciter à aller le découvrir en salle si ce n’est pas déjà fait, le meilleur endroit pour le regarder, afin de profiter de ses très belles prises de vues, dans un format façon Cinémascope, aux couleurs resplendissantes. Vous pourrez également profiter de sa bande son chaleureuse et de sa musique, où l’oud est très présent, renvoyant à des millénaires de civilisation passée, conférant à ce long métrage une grande profondeur et un côté foncièrement attachant.

[3/4]

mercredi 11 mars 2026

« Il n’y aura plus de nuit » d’Eléonore Weber (2021)


Voilà un film marquant et très intelligent sur la guerre contemporaine, dont les aspects technologiques renforcent la déshumanisation et déresponsabilisent les militaires, notamment les Occidentaux, en partant d'images aériennes tirées des guerres en Irak et en Afghanistan, dans les années 2000.

Eléonore Weber, en interrogeant en parallèle un militaire français, qui commente ces images produites par l'armée américaine, questionne le regard et l'approche des soldats face à ces images qui montrent trop ou pas assez, mais qui permettent rarement d'avoir une vue juste et objective de ce qui est filmé. Et on le comprend bien vite, difficile pour notre militaire français de se remettre en question, et de remettre en question ses camarades et l'armée en général.

Pour autant, avec « Il n’y aura plus de nuit », Eléonore Weber ne livre pas un film à charge, et montre que les militaires sont tributaires des technologies, forcément bancales dans leur restitution d'une image « vraie » et « fidèle » à la réalité, surtout quand la distance est grande. C'est là qu'ils doivent mener un travail d'interprétation et d'analyse des images, pour pouvoir ensuite prendre une décision : tirer sur leurs cibles, attendre, partir de la zone...

Mais là où ce film est très fort, c'est qu'il nous met, nous spectateurs, dans la peau de ces soldats face à ces images. Et nous, à leur place, dans leur situation, qu'aurions-nous fait ? Cet homme qui porte un objet sur son épaule, est-ce un râteau ou un fusil ? Est-ce un paysan inoffensif ou un combattant ? Faut-il tirer, observer, ou s’échapper ? Malgré la technologie déjà très avancée à l’époque, les prises de vues ne permettent pas toujours, et même assez rarement, de trancher avec certitude.

C’est là qu’entrent en jeu deux dimensions parfois opposées : l’expérience et le préjugé. Par expérience, les soldats peuvent tenter d’anticiper ce qu’ils voient et les actions de la cible. Mais il y a aussi beaucoup de préjugés, du genre : « ce sont tous des combattants portant une arme ». Le risque de se tromper est assez grand, et ce qui est terrible, c’est que dans le doute, les militaires préfèrent tirer. Ça peut parfois leur sauver la vie, mais ça peut conduire aussi à des assassinats injustifiés et à des bavures horribles. Comme dans cette séquence où un groupe de civils est abattu par un hélicoptère américain, parce que l’une des victimes est journaliste, et que les soldats ont pris son trépied d’appareil photo pour une arme…

Ces prises de vues, qui altèrent la réalité, car parfois prises de nuit et toujours à travers l’objectif déformant d’une caméra, nous ramènent aussi au jeu vidéo. On a parfois l’impression, en effet, d’être dans un jeu vidéo, comme si tout ce qu’on voit était irréel et sans conséquences. Or la vie de personnes bien réelles est en jeu (c’est le cas de le dire) ! Ce type de guerres technologiques a donc des conséquences qui dépassent l’entendement, car en appuyant sur un bouton, on peut provoquer la mort de dizaines, de centaines, voire de dizaines de milliers de personnes (ou même encore plus), selon le type d’arme utilisée, sans pour autant que le tireur soit directement impacté… Si ce n’est par des procédures judiciaires a posteriori, dont beaucoup n’aboutissent pas, donnant aux militaires un sentiment d’impunité.

« Il n’y aura plus de nuit » est donc vertigineux… Il nous amène à nous poser des questions essentielles sur les guerres d’aujourd’hui, sur l’éthique et la morale de nos sociétés et de nos militaires, et des gardes fous que l’on devrait mettre en place, même si le sujet est compliqué et que le film ne donne pas forcément de pistes pour y répondre. 

En tout cas, par un côté méta, ce film questionne notre rapport aux images, quelles qu’elles soient. Jusqu’à nous mener au rêve, ou au cauchemar, avec des lunettes/caméra de vision nocturne qui éclairent la nuit comme en plein jour, restituant quasi parfaitement les couleurs réelles. Le seul indice qui démontre qu’on est bien la nuit, ce sont ces étoiles qui brillent dans le ciel. Ces images sont magnifiques… mais aussi terribles. Que restera-t-il de notre monde lorsqu’on ne saura plus distinguer le jour de la nuit, et que pour autant les images ne nous révèleront pas toute la réalité, dans son irréductible complexité ?

[3/4]