vendredi 29 mai 2026

« Histoires parallèles » d’Asgar Farhadi (2026)


J'attendais avec beaucoup d'appréhension le nouveau film d'Asgar Farhadi, « Histoires parallèles ». Je n'ai pas vu ses deux films tournés à l'étranger, « Le Passé » et « Everybody Knows », mais je sais qu'ils ont été jugés décevants. Pourtant, l'intrigue d'Histoires parallèles et sa bande annonce mystérieuse éveillaient ma curiosité et mes espoirs. 

Hélas, une fois devant le film, je me suis très vite rendu compte que j'assistais à un naufrage. Le scénario et ses histoires entremêlées est très lourdement écrit, sans subtilité et sans surprise. Ça ressemble grandement à du sous-Hitchcock (« Fenêtre sur cour ») ou à du sous-De Palma (« Body Double » par exemple) tout en se voulant un hommage à Kieslowski. On a déjà vu mille fois ce genre de récits de gens qui s'épient par la fenêtre, non ?!

De même, les personnages sont très mal écrits. Ils sont caricaturaux, pas crédibles, et les dialogues sont d'une indigence rare : très courts, pas du tout naturels et complètement plats. Or c'est un comble : recourir à un casting aussi prestigieux, rassemblant une demi-douzaine des plus grandes stars françaises féminines et masculines des 60 dernières années, pour leur faire jouer des rôles complètement insipides avec des répliques de trois mots... Ça n'a aucun sens...

Manifestement, Farhadi s'est fait plaisir, il a bénéficié d'un gros budget pour solliciter ce casting de luxe, mais il n'en fait rien. Pire, c'est très gênant tant les personnages sont rebutants voire détestables, qu'il s'agisse des rôles d'Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Vincent Cassel, Pierre Niney ou Adam Bessa. Sans parler d'India Hair qui joue excessivement mal. Seule Virginie Efira s'en sort à peu près, avec un rôle mieux écrit, mais qui reste bancal, en femme fatale de pacotille... 

Et comme si cela ne suffisait pas, la mise en scène de Farhadi est d'une mollesse et d'une fadeur déplorables... Quand on veut rendre hommage ou imiter des cinéastes tels que Kieslowski ou Hitchcock, ou jouant sur le registre du trouble, la moindre des choses est de mettre en œuvre une réalisation qui donne le vertige. Or là, visuellement, le film est purement scolaire et fonctionnel. Même la photographie est ratée, à la fois sombre et terne, sans aucune recherche esthétique et sans aucun plan mémorable. 

Il faut le voir pour le croire... Ce film, qui était l'un de ceux que j'attendais le plus parmi les longs métrages en compétition officielle à Cannes cette année, est un plantage magistral, du début à la fin. Tout est raté et rien ne fonctionne. Seules les esquisses des intentions du cinéaste, avec quelques ébauches d'idées ici et là, l'empêchent de prétendre être un navet monumental (et encore). Il s'agit juste d'un film sans aucun intérêt, aussitôt vu aussitôt oublié, qui plus est désagréable à regarder. C'est triste, venant d'un grand cinéaste comme Asghar Farhadi...

[1/4]

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