mercredi 12 mars 2014

« La Grande Bellezza » de Paolo Sorrentino (2013)

    Ne vous fiez pas au titre de ce long métrage... Il s'agit d'un mélange disgracieux entre Fellini (pour l'objectif souhaité) et Jan Kounen (pour le résultat outré). « La Grande Bellezza » nous conte les atermoiements d'un sexagénaire cynique au possible, dont la vie, ou ce qui semble en tenir lieu, est faite de mondanités et de fêtes de débauche. Jep, l'antihéros du film, a écrit un livre à succès dans sa jeunesse, sorte de manifeste dandy, et réfléchit à en écrire un nouveau près de 40 ans plus tard, après avoir complètement délaissé sa plume. C'est l'occasion pour le réalisateur d'essayer (je dis bien essayer) d'esquisser une rédemption de son personnage principal. Mais Sorrentino n'arrive à rien dans son long métrage. Ni à filmer ou raconter de belles choses (excepté dans l'unique séquence qui pourrait justifier le titre du film – la véritable justification étant d'une nullité certaine – celle où des enfants courent dans un jardin de monastère, ou peut-être une ou deux autres grand maximum), ni à raconter une histoire (tout est décousu et étiré démesurément, mais creux au possible), ni en somme à réaliser une œuvre digne de ce nom (95 % des plans sont inutiles et superflus). Mais le pire, c'est ce plagiat bas du front du style de Fellini (je dis bien le style car passons pour l'âme...). La grande différence est que derrière la vacuité des personnages de Fellini, il y a une humanité, une sensibilité. Chez Sorrentino, rien. Les personnages sont vides à faire peur, et il n'y a rien derrière leurs masques sociaux, sinon un désespoir criant. Et la beauté dans tout ça ? C'est la grande absente. Sorrentino atteint les bas fonds de la vulgarité, et l'on se demande rapidement s'il va continuer à creuser encore... Mais la réponse est hélas oui. Il pousse la dégradation de ses personnages (et du regard du spectateur) toujours plus loin à mesure que le long métrage avance. C'est la seule chose de surprenante dans ce film. Pour le reste, c'est du clinquant au possible, et du pré-mâché, pré-vomi (passez moi l'expression), malgré ou plutôt en partie en raison d'une esthétique pompeuse (photographie usant d'un flou artistique fort laid et travellings à n'en plus finir). Bref, un long métrage plus que décevant, que je déconseille fortement à tous les amoureux du beau, et plus largement à tout être humain.

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