Bibliographie


    Cette page est amenée à évoluer au gré de mes lectures : j'y indiquerai les livres sur lesquels je me base pour appréhender l'art et tout ce qui peut y avoir trait.

Ouvrages de référence quant au septième art :

    Je référencerai ici tous les livres qui m'apparaissent essentiels pour envisager le cinéma(tographe) à sa « juste valeur ». Seront donc retenus des ouvrages où la rigueur d'analyse et d'expression de l'auteur se révèle remarquable, mais surtout ceux faisant état d'une conception du septième art admirablement construite, riche d'enseignements, à la fois très personnelle et universelle (difficile équilibre dont seuls les plus « grands » ont su s'acquitter).
    Par ailleurs il est fort possible que les livres cités présentent un intérêt dépassant le strict cadre d'une réflexion sur l'art ou le cinéma, c'est par exemple le cas du premier : 

Le Temps Scellé d'Andreï Tarkovski (1989), Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma.

    A mon sens l'un des manifestes artistiques (mais aussi philosophiques et spirituels) les plus importants de tout le 20e siècle. Il s'agit pour le cinéaste russe de définir son esthétique, essentiellement poétique (au sens premier du terme), de réfléchir sur le cinéma, sa nature, la façon de concevoir des films,... C'est un ouvrage qui regorge de réflexions sur des sujets aussi divers que la peinture ou la littérature, Marx ou Valéry, l'Orient ou l'Occident, bref Tarkovski a couché par écrit sa pensée dans ce livre et je vous laisse imaginer la valeur d'un tel document (à absolument tous points de vue)! C'est de plus écrit d'une façon tellement claire et limpide... Incontournable.

- Dans le Studio Ghibli - Travailler en s'amusant de Toshio Suzuki (2011), Kana.

    Un excellent livre quoiqu'un peu fouillis, regorgeant d'anecdotes sur le Studio Ghibli, et notamment ses deux membres fondateurs : Hayao Miyazaki et Isao Takahata. On y apprend notamment qu'alors que Miya est certainement le plus talentueux des deux, malgré tout le savoir-faire de Takahata, c'est Miya qui révère ce dernier, et non l'inverse. On y apprend aussi une différence de taille entre leurs deux façons de travailler : Miyazaki crée tout à partir de son imagination débordante et de sa mémoire presque infaillible. Il ne dessine jamais à partir de photos, car il estime (avec raison) que l’œil humain voit autre chose qu'un simple appareil photo. Takahata quant à lui ne fait jamais un film sans se documenter à fond : il est exigeant jusque dans le moindre détail, et veut tout recréer le plus fidèlement possible à l'original, d'où l'ultra-réalisme (poétique, heureusement) de ses films. Pas mal d'anecdotes sur le métier de Toshio Suzuki, génial producteur de Ghibli, viennent compléter le tout, ce qui en fait un ouvrage à la fois complet sur les métiers de l'animation et du cinéma, et un bel instantané de ce que fut, et sera encore longtemps je l'espère, l'aventure Ghibli.

Notes sur le Cinématographe de Robert Bresson (1975), Gallimard.

    Les réflexions d'un cinéaste radical et original à la fois : toute son œuvre tend vers un cinéma véritablement « pur », caractérisé par la mise en œuvre de ses propres moyens, ne faisant appel à aucun autre art dans sa représentation. Il va sans dire que les longs métrages de Robert Bresson sont difficile d'accès, j'ai moi-même mis du temps avant de réussir à appréhender son art si particulier, anticonformiste (et si riche malgré son dénuement!), mais son livre s'adresse en revanche à tous! Il consiste en une multitude de notes, de maximes, de pensées retraçant merveilleusement bien le cheminement intellectuel de Bresson ainsi que ses convictions en matière d'art. C'est par ailleurs un excellent moyen de découvrir le métier de réalisateur, ses contraintes comme plusieurs voies « à suivre » afin de produire une œuvre de qualité.

Ouvrages supplémentaires à propos du septième art :

Journal 1970-1986 d'Andreï Tarkovski (1993), Cahiers du Cinéma.

    Pas à proprement parler un ouvrage destiné à conceptualiser, analyser, bref étudier le cinéma, mais comme son titre le laisse penser c'est une autre façon d'aborder Andreï Tarkovski : ce livre est lui aussi extrêmement intéressant pour tout amateur de son art comme pour tout novice en la matière, et il constitue donc le parfait complément du Temps Scellé.

Comme une Autobiographie d'Akira Kurosawa (1997), Cahiers du Cinéma.

    La « semi-autobiographie » de l'un des maîtres absolus du cinéma japonais et mondial. Fidèle à lui-même, Kurosawa n'a pas jugé opportun de raconter toute sa vie dans les moindres détails afin qu'on puisse le « connaître » davantage : il nous a laissé des films pour cela. Néanmoins il relate certaines périodes de sa vie (s'étendant principalement de son enfance à « Rashômon ») et c'est tout bonnement passionnant! On y découvre les films qui l'ont marqué, ses débuts à la Toho, ses doutes comme ses convictions les plus profondes... Un régal!

Laterna Magica d'Ingmar Bergman (1987), Gallimard.

    L'autobiographie d'un des plus grands cinéastes de tous les temps : le cinéma n'y occupe qu'une place très partielle, néanmoins tout amateur de l'artiste suédois, ou plus simplement tout amoureux du septième art y trouvera certainement son compte!

Ouvrages de référence quant à l'art « tout court » : 

La Poétique d'Aristote, Tel/Gallimard.

    Inutile de commenter, d'autant plus que si cet ouvrage d'une grande richesse (malgré son nombre réduit de pages) est indispensable pour concevoir la notion d'« art » et de « poétique », il est loin de comprendre toute la pensée d'Aristote en la matière. Incontournable.

Degas, Dance, Dessin de Paul Valéry (1938),  Gallimard.

    Un remarquable ouvrage de l'un des plus grands esprits de son temps, consistant en l'agrégat de pensées plus ou moins courtes, mais d'un intérêt considérable. Qui plus est Valéry disposait d'une place de choix se trouvant à la fin d'une ère et aux débuts d'une autre, aux avants-postes de la modernité artistique, se faisant le témoin d'une transformation déjà entamée.

- La Beauté fait signe. Arts. Morale. Religion. de Paul Valadier (2012),  Cerf.

     Du haut de ses presque 80 ans, Paul Valadier, ancien rédacteur en chef de la revue Études, redonne foi dans l'art (et la vie), par sa clairvoyance et son espérance d'homme avisé. Très critique sur la qualité discutable de l'art contemporain, il ne sombre pas dans le pessimisme et incite à  distinguer les « paillettes d'or » du présent, selon le mot de Diderot. Le quatrième de couverture vaut à lui seul le détour.

Arthur de Bussy
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