dimanche 12 juin 2016

« Cendrillon » (Cinderella) de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske (1950)

    « Cendrillon » fait partie des classiques Disney que tout le monde ou presque a déjà vus, moi y compris, étant enfant. A ce titre nombre de scènes m'étaient restées en mémoire, et j'avais une certaine estime pour ce long métrage, malgré le fait qu'il soit plutôt destiné aux petites filles. Après l'avoir revu bien des années plus tard, je dois dire qu'il conserve une partie de son charme, mais qu'il me semble assez bancal. L'animation est de qualité, même si comme souvent chez Disney, les animaux sont bien mieux animés que les humains. Cette maladresse de l'animation a cependant un aspect « artisanal » touchant, et elle n'atteint pas les bas-fonds des années 1990, donc je ne ferai pas le difficile sur cet aspect. En revanche, aussi bien du point de vue du scénario que des décors, on sent que c'est un petit conte, une sorte de nouvelle, bref un matériau de moyen métrage, qui a été étiré autant que possible. En résultent pas mal de scènes de remplissage, et du point de vue visuel, des décors qui font parfois « vide ». Le conte est fort simple, et le studio a eu toute les difficultés du monde à en faire un vrai long métrage d'1h30. Quand on le compare à « Alice au Pays des Merveilles », développé en parallèle et sorti peu après, « Cendrillon » fait pâle figure. Quand il n'y a pas une seconde sans qu'il se passe quelque chose, le tout dans des décors luxuriants dans le premier, le second n'offre pas grand chose à se mettre sous la dent. Quelques séquences marquantes toutefois, avec des personnages secondaires (les souris !) amusants ou pleines d'un merveilleux un peu suranné, mais néanmoins qui fait mouche. Les « méchants », ou plutôt les méchantes sont réussies, détestables à souhait. Mais l'ensemble fait assez convenu, c'en est presque un cliché de l'univers Disney, tel qu'on se l'imagine aujourd'hui, alors qu'il masque des tous premiers longs métrages qui ont fait date dans l'histoire du cinéma, sans même parler de l'animation. J'ai donc passé un bon moment en revoyant ce « Cendrillon », mais je n'irai pas jusqu'à le qualifier de chef-d’œuvre, loin de là. Je préfère même vous renvoyer vers les deux courts métrages de Georges Méliès consacrés au célèbre conte, qui en quelques minutes donnent vie à un monde merveilleux profondément original et de toute beauté, avec un sens de l'humour et du détail qui leur donnent une saveur bien plus appréciable que le dessin animé de Disney.

[3/4]

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