lundi 25 avril 2011

« Marie Antoinette » de Sofia Coppola (2005)

    Vous reprendrez bien un peu de ketchup avec vos macarons? L'histoire de Marie-Antoinette/Sofia Coppola est toute simple, elle s'est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment, en possession de moyens extraordinaires : ce n'est pas sa faute (sous-entendu qu'elle en ait usé de la sorte). Si je dois concéder une chose à Coppola-fille, c'est que le sujet de son film est limpide et en parfait accord avec lui-même, il constitue le summum du narcissisme artistique et de la frivolité avec ce zeste de mauvais conscience qui épice le tout, histoire de donner du grain à moudre à la critique : ce long métrage est très maladroit, filmé avec les pieds, creux mais un poil touchant (autant que peut l'être une petite fille qui s'amuse avec son jouet) et surtout cohérent, faut-il le descendre ou le louer? Le problème ne se poserait pas si l'on se souvenait que ça n'est pas la cohérence d'une oeuvre qui fait sa richesse, mais sa profondeur. Bref, passons. Ainsi donc elle n'y peut rien. Oui mais qu'elle éloigne son visage du miroir et elle verrait peut-être que personne ne l'y plaque, libre à elle d'agir à sa guise et de proposer véritablement quelque chose de consistant et d'artistique dans un long métrage digne de ce nom... Elle verrait que le mieux à faire était sans doute pour elle, et pour nous,... de ne rien faire, et surtout pas ce film. Décidément « Marie Antoinette » me plaît, car l'on y trouve tous les travers dans lesquels le septième art doit à mon sens se garder de plonger, s'il n'est pas déjà trop tard. Mais allons-y : tout d'abord et surtout, que de puérilité! Vous allez me dire que c'est le sujet. Et je vous répondrai, justement. Une puérilité savamment cultivée, une bêtise même que l'on rencontre partout : dans l'écriture des personnages, dans leur interprétation, dans les thèmes abordés (l'éternel passage à l'acte, l'oisiveté, les paradis artificiels, les excessives bonnes manières,...), mais aussi et en particulier dans la mise en scène du film. Notamment par cet amour du mauvais goût effrontément affiché, de l'anachronisme bien ostensible, rien de plus tendance d'ailleurs! Rien de mieux pour se figurer être une artiste, c'est s'assurer ainsi que les gens glousseront à la fin du film devant de telles bonnes idées! Les premières choses que l'on remarque sont en effet une composition du plan de temps à autres assez soignée et une photographie léchée, soit si l'on ajoute ce goût du pompier et du kitch les plus grossiers, l'équivalent cinématographique de l'« art » d'un certain David Lachapelle, soit un truc immonde assez drôle et ironique, que l'on pourrait prendre pour du « génie » avec un peu de naïveté et d'ignorance, mais qui relève surtout de la blague de potache, de l'enfantillage. Un pastiche divertissant en somme, pour peu que nos attentes frôlent l'herbe la plus rase... Et ça n'est pas fini, tant qu'on y est, puisqu'au cinéma il y a le son, autant faire passer ses chansons préférées du moment! Attends que je sorte mon ipod, hop, et voilà! Et puis autant faire poser, hum, jouer la famille et ses amis, plus on est de fous! Qu'est-ce donc que « Marie Antoinette » au final? Une petite bulle de savon (rose) prête à éclater, un joli cliché tendance, pour l'instant à la mode mais voué à se défraichir bien rapidement dans notre société de l'art consommable/jetable. Juste parce que l'on a tendu une caméra à Sofia Coppola.

[0/4]

27 commentaires:

  1. Salut,

    ça fait un moment que je zone par ici, sans jamais avoir osé posté de commentaire. Je suivais vos critiques à tous les trois sur Allociné, et je dois avouer que je suis une grande admiratrice (si, si !), aussi bien de votre écriture, de votre amour pour le cinéma, que par cette passion que je partage pour le cinéma de Tarkovski, et plus généralement le cinéma contemplatif et spirituel. J'ai d'ailleurs découvert pas mal de films qui comptent parmi mes références aujourd'hui grâce à vous.

    Voilà qui est dit, concernant Marie-Antoinette, je ne peux que partager ton point de vue : Coppola réalise ici un film-pub outrancier, kitch au possible, et ça vire à la caricature de tout ce qu'elle avait su faire de bien avec Virgin Suicide. Elle filme les fleurs, l'ennui, c'est bôôô les pâquerettes, c'est original, et les couchés de soleil, of course. Un espèce de film girly subversif, qui pue le "cliché tendance" comme tu dis, jusqu'à l'écoeurement mais jamais elle n'impose de véritable démarche de cinéaste...

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  2. Bonjour Gaëlle,

    Tout d'abord bienvenue à toi!
    Merci pour tes compliments, c'est toujours un grand plaisir de savoir que son humble travail de critique amateur porte ses fruits! C'est d'ailleurs ainsi que j'ai moi-même découvert bon nombre des films qui me sont chers aujourd'hui, en suivant notamment les écrits d'un certain Anaxagore et d'un certain Max6m. Et je suis heureux de constater que l'ami Tarkovski fait toujours des émules!

    Quant à Mlle Coppola, il est regrettable que des gens de son espèce accaparent l'espace médiatique avec des gagdets du type de « Marie Antoinette ». Le phénomène n'est certes pas nouveau, mais j'ai toujours un petit pincement au coeur en me disant qu'il se peut que des gens pensent que le XVIIIe siècle « c'était ça », et que le cinéma est ainsi...

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    1. Tarkovski est un monument d'ennui. De la pure esbrouffe philosophico-pouêt-pouêt. Son Stalker ou son Sacrifice auraient pu être rédigés par un adolescent rebelle de 14 ans. Il ne creuse jamais son propos, reste toujours en surface. Il veut jouer les intellos pour que tous les gogos se pâment devant lui. Mais ou est la sincérité qu'il revendique? Son Sacrifice est gris, morne et éminement dépressif. Sans compter que tous ses acteurs jouent comme des pieds. Quand je vois qu'il est préféré en ces lieux à tant de grands cinéastes, cela fait peur.....
      PS: Dans Tarko il y a aussi des moments de poésie pouet pouet avec des pâquerettes et des ralentis pseudo poétiques ou d'autres effets que vous vomissez chez d'autres. Deux poids deux mesures. Vous avez décidé d'aimer Tarkovski car "cela fait bien".....

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    2. Je ne pense pas que l'on puisse dire que Tarkovski reste en surface, et encore moins qu'il manque d'une quelconque sincérité. Son œuvre était tout à fait atypique dans le cinéma soviétique et même européen de l'époque. Je pense qu'il faut au contraire aller au-delà de la surface et de l'ennui apparent que peut provoquer son œuvre (j'ai dû moi-même m'y prendre à deux reprises pour aimer « Le Sacrifice », que j'avais tout bonnement détesté la première fois que je l'avais vu) pour saisir toute la finesse de sa sensibilité. Il est vrai que les films de Tarkovski ne sont pas débordants de joie, mais ils sont réellement poétiques, et ce dès son premier opus « L'Enfance d'Ivan ». Et je ne retrouve cette poésie que chez bien peu de cinéastes, parmi les plus grands (selon mon goût) : Dreyer, Kurosawa, Bergman, Bresson... Quant à savoir si j'aime Tarkovski parce que « cela fait bien », je crois que c'est formuler un procès d'intention hâtif, que je ne peux prendre qu'à la légère venant d'un illustre anonyme. Si j'aime Tarkovski... c'est tout simplement que je trouve son cinéma magnifique et profond. Étonnant n'est-il pas ?

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  3. Par exemple, dans Stalker, il y a des questions pseudo-philosophiques qui sortent de la bouche des personnages et qui ne semblent pas "intégrées" dans la logique du discours, comme si Tarkovski voulait "épater" le public, comme Godard et son insupportable verbiage prétentieux. Des questionnements qui viennent et ne trouvent pas de réponses dans la suite du métrage. Des thèmes aussi généraux que la foi, le doute, l'art, le désintéressement, ne peuvent se contenter d'être effleurés dans un soi disant chef d'oeuvre..... De plus, les acteurs sont insupportables et ont le charisme d'une moule avariée. Sans parler du début aux couleurs sépia, trop cliché.....
    Cliché, comme Bergman, des huit clos étouffants ou les protagonistes (souvent des femmes) en font des tonnes dans les crises d'hystéries éprouvantes pour le spectateur, dans cet éreintant naturalisme psychologique. Et avec un fond philosophique très pauvre: en gros, dans Bergman, les gens se déchirent pour des histoires assez banales, c'est le cliché grotesque de l'intello parlant de cul, ou de non-dits familiaux, etc.... qui veut faire le malin. On sent le "truc" à 100 km. Je développerai ce point de vue qui peut paraître infondé. En fait je n'ai vu que trois Bergman, considérés comme ses meilleurs, "Le Silence" et "Persona", ainsi que "Sonate d'automne": plein d'hystérie, et assez banal en fait. Surtout horripilant car cliché.
    Je connais hélas trop de gens qui aiment Resnais, Tarkovski, Godard et consorts juste par snobisme.

    Ne me prenez pas à la légère si je souhaite rester anonyme. En lisant toutes vos critiques, je me suis rappelé certaines de mes connaissances, très snobs, méprisant ceux qui ne vénéraient pas ce cinéma lent et long comme un jour sans pain.

    "Un procès d'intention hâtif, que je ne peux prendre qu'à la légère venant d'un illustre anonyme" Pourquoi tant de mépris? Vous aurais-je ébranlé dans vos convictions tarkovskiennes? Qu'est ce que cela change que je sois anonyme ou pas?

    Vous croyez sans doute que je suis inculte car je n'aime ni Bergman ni Tarkovski.
    C'est assez courant et déplorable. Moi je ne dis pas que vous êtes inculte, juste aveuglé par une arnaque.

    Le cinéma n'est pas un art sincère.
    Pour compenser, les cinéastes devraient arrêter de se prendre au sérieux.
    Aucune ironie, aucun second degré chez Antonioni, Tarkovski.....
    Juste la prétention de passer pour un "auteur".....
    Hélàs.

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  4. Je crois que ce qui différencie Tarkovski et Godard est justement que ce dernier plaque des dialogues pseudo-philosophiques dans ses films sans se soucier de leur intégration dans le matériau filmique. Tarkovski, lui, ne propose pas de démonstration philosophique, c'est pourquoi il peut vous décevoir. Il stimule certes l'intellect, mais c'est surtout les sens qu'il cherche à contenter. Si vous n'êtes pas sensible au travail sur la couleur... c'est votre affaire, bien que d'une extrême simplicité, il permet à mon sens de figurer astucieusement le passage vers un autre monde.
    Quant à Bergman, qu'il y ait un fond d'hystérie et des passages d'une grande trivialité dans ses films, je ne vous le fait pas dire. Néanmoins sa filmographie est très dense, et ce n'est pas en ayant regardé 3 longs métrages qu'on peut s'en faire une idée. Regardez donc « Les Fraises sauvages », « Jeux d'été » ou « Le Septième Sceau », trois films très différents, mais qui démontrent le savoir-faire du cinéaste suédois.
    Pour ce qui est de votre souhait de rester anonyme (que je respecte), j'aurais aimé que vous partagiez les cinéastes que vous tenez particulièrement en estime. Je suis très curieux de découvrir vos goûts, sincèrement.

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  5. Je viens de relire ce que j'ai écrit et me trouve un peu prétentieux de cracher ainsi sur Tarkovski alors que je n'ai jamais tourné un mètre de pellicule.
    Je reconnais que certaines images de Tarkovski (dans ses premiers films surtout) arrivent à me toucher. Oui, cet homme avait du talent. Mais j'attendais peut-être autre chose de ses films. J'attendais une révélation, j'attendais que ses films soient pour moi une expérience mystique qui me conquière à la première vision. Je reverrais ses films car mon erreur est peut-être de regarder ses oeuvres avec un certain a-priori. Son premier essai- L'enfance d'Ivan- est pour moi son meilleur film car c'est celui qui se passe le plus de mots.

    Pour moi, les tous premiers métrages des cinéastes sont souvent les meilleurs. Ainsi de Godard, de Truffaut par exemple. Vous me demandez les cinéastes que je tiens en estime, cela est compliqué car les films que je place dans mon panthéon personnel sont parfois des exceptions dans les filmographies de leurs auteurs. Ainsi de Fellini, par exemple.

    Peu de gens connaissent son "Satyricon". Pour moi il s'agit du film montrant le mieux l'importance de l'image au cinéma. C'est le triomphe de l'image sur le texte. Chaque tableau que propose le cinéaste est magnifique. Et on sent toute la distance que Fellini prend par rapport à son film. Nulle prétention dans ce très beau film qui est le seul bon film sur la Rome Antique.

    J'ai été déçu par sa "Juliette des esprits", qui commence fort bien et se délite. Navrant et décevant, quel gâchis!

    8 1/2 est plaisant sans plus. Dommage. La scène ou le cinéaste dompte son harem à coups de fouets est horriblement prétentieuse, énervante.

    Ses films de jeunesse sont plus simples, plus émouvants, dans la ligné du cinéma italien dit "néo-réaliste" de V. de Sica ou d'autres.
    Amarocord: Assez déprimant.

    Autre film remarquable: "Hiroshima mon Amour" d'Alain Resnais, cinéaste qui n'a rien fait de bon depuis (exceptions: "La vie est un roman")

    On peut y voir de la prétention, je trouve que l'alchimie fonctionne entre texte, image et son. Un équilibre rare au cinéma.
    Ses "Herbes Folles" a été tourné dans ma ville mais le film ne vaut rien.

    Kurosawa aussi a réalisé de belles choses: Rashomon, par exemple. Vous devez sans doute apprécier ce chef d'oeuvre. Rarement film n'a été aussi passionnant.
    Mais son Kagemusha, son Dersou Ouzala! Chiants, pardonnez mon expression. Embourbés dans leur pompe fastidieuse. Je voudrais bien les revoir néanmoins.

    Je parlais de Truffaut. Là encore, unique bon film, son premier, les 400 coups. Vous n'avez pas l'air de vous intéresser à Truffaut. Il m'a déçu aussi bien par ses autres métrages que par son intransigeance cinéphilique.

    Je hais Sergio Leone. Prétentieux, vide, creux et paradoxalement ennuyeux (vu sa réputation)
    Qu'en pensez vous?

    Godard: 1 très bon film seulement. "Pierrot le fou". Film magique ou Godard sublime ses faiblesses.

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  6. Je pense en effet qu'il faut prendre le temps de découvrir l'oeuvre de Tarkovski, qui est réellement difficile d'accès (non pas parce que c'est pédant ou hyper intellectualisé, mais parce que son esthétique est assez déroutante. J'ai moi-même mis du temps avant de l'apprécier.

    Pour ce qui est de Fellini, je n'ai pas vu en entier son "Satyricon", mais c'est de toute évidence l'une de ses réussites. Très flamboyant sur un plan visuel, peut-être pas le plus abouti de ses films (je réserverais ce qualificatif à "Huit et demi"), mais l'un de ceux dans lesquels il exprime avec le plus d'évidence sa maîtrise des images et des couleurs. J'ai beaucoup aimé "Juliette des Esprits", même s'il est parsemé d'imperfections. J'aime aussi le Fellini des débuts : "Les Vitelloni", "La Strada"... En revanche le Fellini de la fin a perdu quelque chose, sa saveur, son âme même... "Amarcord" est déjà evanescant, et son ultime film, "La Vocce della Luna", est un plantage total.

    Je vous rejoins pour Resnais : "Hiroshima mon Amour" est peut-être son meilleur film, suivi de près par le virtuose mais glacial "Marienbad". "Les Herbes Folles" ne valent rien, c'est un joujou de cinéaste gâté.

    Kurosawa est passionnant, il questionne dans chacun de ses films (ce qui les rends chacun réellement dignes d'intérêt) l'élan moral de l'homme. "Dersou Ouzala" m'a bouleversé par sa simplicité et son humanité profonde. Cette rencontre presque fusionnelle entre deux être que tout sépare, dans une nature hostile, est presque irréelle. "Kagemusha" est plus un film à grand spectcale, plus pompeux peut-être... mais je l'ai bien aimé tout de même. "Rashomon" est un chef-d'oeuvre du septième art. Ses tous premiers films ("La Légende du grand judo"...) sont excellents... Tout comme ses tous derniers (quelles merveilles que "Rêves" et "Madadayo"!). Kurosawa est mon cinéaste favori avec Dreyer et Tarkovski.

    De Truffaut, je n'ai aimé que "Tirez sur le pianiste". Le reste est d'une fadeur et d'une niaiserie! Préférez-lui le maître : Jean Vigo ("L'Atalante", chef-d'oeuvre oublié du cinéma français).

    Sergio Leone est un pâle imitateur sans âme. Ses films sont des exercices de style m'as-tu-vu, sans intérêt aucun.
    Godard excelle dans "A Bout de Souffle" et surtout dans "Pierrot le Fou". 4-5 films (à peine, comptons "Vivre sa Vie" et nous sommes déjà à trois) valent réellement le coup dans sa très longue (et surestimée) filmographie.

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  7. L'Atalante est trop Kusturicien à mon gout mais digne d'intérêt.
    Un cinéaste me divise: Almodovar. Il est adorable et détestable à la fois.
    Comme Eric Rohmer, que j'ai trouvé plaisant, divertissant mais aussi très étrange et un peu ridicule.
    J'aime bien, comme vous, Dreyer, dont j'ai vu beaucoup de films. Un peu froid néanmoins, non? Comme Kubrick le très surestimé.

    Cinéaste remarquable que Renoir, enfin il avait des bas, comme Carné.

    Les plus anciens sont ceux qui vieillissent le moins: Fritz Lang, Murnau, etc....

    Hitchcock? Sympathique, sans plus.

    Cinéastes surestimés: Welles, Bertolucci. Franchement, que trouver à "1900"? Je ne sais pas.

    Avez vous vu les films d'Haneke? Je m'intéresse à votre avis sur ce sujet, car même si je ne partage pas toujours le vôtre, j'aime vous lire. Je n'arrive pas à voir si ce cinéaste est nullissime ou brillant même si j'ai vu plusieurs de ses films.

    Un conte de Noel, de Desplechin est un film qui malgré sa prétention est bon, voire très. Vous n'aimez pas ce film, je l'ai lu.



    Désolé pour la présentation très libre de mon texte.

    U.

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  8. Je n'aime pas Almodovar, trop tordu à mon goût. Pourtant il a un certain talent, le seul film que j'aie vu de lui ("La Piel que habito") est plutôt bien réalisé. Après c'est du grand n'importe quoi...

    De Rohmer je ne connais que "Ma Nuit chez Maud", un plutôt bon film, bien qu'assez pauvre cinématographiquement parlant.

    J'aime beaucoup Renoir : ses premiers films, "La Règle du jeu" compris, sont magnifiques. Il a eu il est vrai des hauts et des bas, mais quels hauts!

    Lang et Murnau sont deux maîtres incontestables du septième art. Ma préférence va respectivement à "Metropolis" et "Tabou", mais nombreux sont leurs films mémorables.

    Je n'aime guère Hitchcock, c'était un entertainer de talent, rien de plus.

    Welles est certes surestimé, mais "Le Procès" est génial. "Citizen Kane", "La Splendeur des Amberson", "La Dame de Shanghai" ou encore "Mr Arkadin" sont quant à eux à mon sens de très bons films.

    Bertolucci en revanche est clairement surestimé. Le seul film regardable qu'il ait commis est peut-être "Le Dernier empereur". Pour le reste...

    Je n'aime pas Haneke. Je n'ai vu que "Le Ruban blanc", plutôt réussi, mais le peu que je connaisse de ses autres films ne m'incite pas à le découvrir davantage. Encore moins l'horrible (je suppose) "Amour". Sa façon de disséquer les bas fonds de la vie humaine avec froideur et méticulosité (et il faut bien le dire complaisance) est tout bonnement inhumaine.

    Quant à Desplechin, je ne peux pas. Il représente pour moi le misérabilisme intellectuel et artistique français, une logorrhée abrutissante de vacuité et de nombrilisme aigu. Je suis certainement dur, mais très honnêtement, j'ai vécu un supplice chaque fois que j'ai regardé de (trop longs) films de lui.

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  9. Mais chez Desplechin, le plaisir de faire du cinéma est manifeste. Il joue des clichés du cinéma intello pour les surpasser. En tout cas je pense.

    J'ai vu aujourd'hui "Que la bête meure" de Claude Chabrol et reste mitigé à son encontre.
    Assez mal filmé en fait et acteurs inexpressifs, trop d'invraisemblances, du sous-Hitchock.

    Que pensez vous de Miguel Gomes, jeune cinéaste portugais ayant réalisé un remake passionnant de "Tabou" de Murnau? En avez vous entendu parler?

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  10. De Chabrol, je n'ai vu que « Le Boucher ». Pas terrible du tout.

    Quant à Miguel Gomes, j'ai en effet entendu parler de son film, j'ai hésité à le voir, puis je me suis dit que « Tabou » serait un énième « revival », bien propret en HD et sans âme... Mais il se peut que je me sois trompé! Je l'emprunterai à ma médiathèque dès qu'il sera disponible.

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  11. "Le Boucher" (merci Youtube....) est un très mauvais film, hélàs. Quel est l'intérêt de Chabrol?

    Avez vous vu Holy Motors de Leos Carax, ou d'autres films de 2012? Que pensez vous du cinéma qui se fait là, maintenant, l'année dernière ou cette année? Qui sont les grands, voire très, encore en vie selon vous, vu que Tarkovski, Fellini, Kurosawa, Dreyer, Murnau, ne sont plus de ce monde?

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  12. Je n'ai pas vu Holy Motors de Carax. Mon frère m'en a dit le plus grand bien, mais je me méfie de Carax depuis que j'ai vu le pitoyable « Les Amants du Pont-Neuf »...

    La question que vous posez est tout à fait pertinente, cela fait un bout de temps que je m'interroge à ce propos, que j'en discute autour de moi...

    Côté USA, j'ai apprécié « There Will Be Blood » de Paul Thomas Anderson, mais son dernier opus ne doit pas être aussi bon.

    Le dernier Kiarostami est décevant, Béla Tarr a arrêté de faire du cinéma... Sokourov me déprime (mais je le connais si peu), Malick est mort en 1978 (il n'empêche que j'irai certainement voir son prochain film), Hayao Miyazaki ne nous a pas sorti un vrai bon film depuis un moment (et il commence à être vraiment âgé)...

    Lars von Trier fait des films de pire en pire depuis son tout premier, Tran Han Hung a mis de l'eau dans son vin, idem pour Hou Hsiao Hsien, Zhang Yimou a vendu son âme...

    Le premier film de Bong Joon-ho était une heureuse exception... Par contre le dernier Aronofsky était réussi. Tout comme le dernier long métrage d'Asghar Farhadi.

    Je peux avancer quelques maigres espoir en la personne de Wang Bing, Corneliu Porumboiu, ou encore Nuri Bilge Ceylan. J'oublie Zviaguintsev. Mais de là à les voir égaler les grands noms que vous citez, il y a un pas!

    Très honnêtement, je pense que nous vivons une période de creux (pour ne pas dire de vide)... Et pas que dans le domaine du cinéma (ou même des arts)!

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  13. J'ai aussi omis le nom de Youri Norstein, mais son prochain film sera certainement, hélas, son dernier.

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  14. Et Jodorowsky, êtes vous sensible à son univers si particulier? J'aime bien sa "Montagne sacrée", un peu dans la lignée du meilleur Fellini.

    Je n'aime pas du tout Inarittu par exemple mais il semble faire un tabac en France.
    Je le trouve très énervant.

    Vous semblez mettre beaucoup d'espoir dans le cinéma asiatique. Je devrais approfondir dans ce côté là. Mais leurs noms sont difficiles à retenir.

    Bela Tarr est pour moi, pardonnez mon expression, chian-ti-ssime.
    Le Tango de Satan, que j'ai pu voir grâce à Youtube est un monument d'ennui incommensurable. Que lui trouvez vous?

    Décevants aussi les Ozon, Moretti, Ken Loach, Mike Leigh. Je n'aime pas du tout le cinéma britannique, trop déprimant.

    Par contre, la Nuit du Chasseur est excellent. Connaissez vous ce film? Il est dommage qu'il soit le seul de son auteur!

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    1. J'aime assez « La Montagne Sacrée », même si c'est un grand moment de n'importe quoi.

      Je déteste Inarittu (quelle horreur que « Babel »!).

      Le cinéma asiatique est en effet un cinéma d'avenir, il me semble. S'il réussit à réaliser autre chose qu'une pâle copie de l'occident.

      Je crois qu'il est risqué de voir « Satantango » sur Youtube, je doute que la qualité de l'image donne envie de s'intéresser au film. J'ai trouvé ce long métrage passionnant, cette longue attente dans un univers qui n'attend plus que l'espoir pour sortir de sa condition misérable. J'ai trouvé ce film très puissant et poétique. Mais je reconnais qu'il est très ardu à regarder, je ne sais pas si j'aurai le courage de le revoir un jour.

      D'accord avec vous sur le cinéma britannique.

      Quant à « La Nuit du Chasseur », c'est une réussite, même s'il est loin d'être parfait. Il me semble un peu surestimé. Dommage, car l'idée initiale était bonne (Mitchum y est excellent).

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  15. Connaissez vous le tandem Jaoui-Bacri? Je trouve leurs films d'une vacuité considérable même s'il jouissent d'une renommée fort enviable.

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    1. Rien que les affiches me rebutent. J'ai vu une fois la bande annonce de leur film avec Jamel Debbouze, je ne suis pas prêt de regarder un de leurs longs métrages...

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  16. Encore un message: avez vous déjà vu un film de Kieslowski? Son "Rouge" est consternant!
    "Dancer in the Dark", comme toutes les Palmes d'or que j'ai vu à présent est aussi très mauvais. Pouvez vous me citer une seule Palme d'or digne d'intérêt ces 40 dernières années? Peut -être celle de 1997 (Kiarostami) mérite elle le coup d'oeil ou celle d'Angelopoulos mais vous n'aimez pas ce cinéaste.

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  17. Je pourrais citer « La Dolce Vita », « Viridiana » (en trichant un peu :-)), « Kagemusha » ou « Paris, Texas », avec bien entendu « Le Goût de la Cerise » de Kiarostami. Mais 5 Palmes d'or en plus de 50 ans de cinéma, c'est bien maigre...

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  18. Plus je revois l'affiche de « Marie-Antoinette », plus je la trouve horrible...

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  19. Vous ne m'avez pas répondu sur Kieslowski, Ozon et Moretti mais peut être n'avez vous pas vu leurs navets.

    "La Dolce Vita" est très surévalué.

    Pourquoi "en trichant un peu?"
    Vous n'aimez pas Bunuel?

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  20. En effet, j'ai omis de vous répondre. Je n'ai pas vu leur navets (sinon «Habemus Papam » de Moretti, pas terrible du tout).

    « La Dolce Vita » est surévalué, mais c'est un grand film tout de même à mon sens.

    Non non, j'aime bien Buñuel (son chef-d’œuvre est sans doute « L'Ange exterminateur », un film inoubliable). C'est juste que le Fellini et le Buñuel ne datent pas d'il y a 40 ans mais d'il y a 50 ans.

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  21. Et que pensez vous du Francis Coppola ainsi que de tous les Américains d'origine italienne de la même époque: Scorsese, Cimino, De Palma, etc.....

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  22. Pas grand chose... « Apocalypse Now », malgré ses défauts, est peut-être le meilleur film de Coppola. Du « Parrain » on ne retient que la mâchoire de Brando et deux-trois fusillades. Les premiers Scorsese, bien que bâclés et filmés à l'arrachée avaient un semblant d'âme qu'on serait bien en peine de trouver dans ses films les plus récents, formatés et surfaits. Le bonhomme est sympathique (et est un fervent cinéphile), mais il me semble qu'il est très surestimé. De Cimino, je ne connais que « Voyage au bout de l'enfer »? qui a mal vieilli à mon sens, malgré une qualité relative. Je connais très mal De Palma (je crois que je n'ai vu que les « Incorruptibles »). Ce n'est pas plus ma tasse de thé...

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  23. Je ne comprends pas le consensus fait autour de ces réalisateurs fort médiocres (à mon avis). Quelle horreur que le nouveau De Palma.
    Le sort de Cimino nous le rend attachant, presque sympathique. Mais ne tirons pas sur l'ambulance. Je n'ose même pas évoquer le sinistre Tarantino en ces lieux.

    Bien que je sois pianiste, tous les films sur le piano que j'ai vu jusqu'à présent me semblent très mauvais: que ce soit "Le Pianiste" de Polanski, "La Pianiste" de Haneke (son pire film, de loin), ou encore "La Leçon de Piano" qui avait obtenu la Palme, sous la présidence de Louis Malle, le tâcheron qui a commis "Les Amants" ou le risible "Zazie". Encore un metteur en scène trop porté sur la chose.

    Le grand film sur cet instrument reste encore à faire. J'aime beaucoup la façon dont le réalisateur suédois Ake Falck a filmé les interprétations d'Alexis Weissenberg (Petrushka de Stravinsky) , je crois que l'on peut en voir quelques unes sur Youtube. Filmer une interprétation est très périlleux.

    Bonne continuation et surtout bonne chance si vous voulez faire du piano.
    Quelles études menez vous? (si ma question n'est pas trop indiscrète, bien sur)

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