jeudi 26 janvier 2012

« Maître du monde » d'Enrico Giordano (2011)

    Un homme, seul, égaré dans une nature sauvage. Un homme en quête de rédemption nous dit-on. Richard Cruzot, seul personnage de ce film minimaliste, est un trader, en français un courtier, qui cherche à échapper au monde de la finance pour se retrouver face à lui-même. Mais difficile de voir une quelconque rédemption dans ce parcours somme toute bien aride. On voit le héros de ce film brûler sa chère cravate rouge, se nourrir, se baigner, marcher, le tout dans un silence assourdissant et une terrible solitude. C'est tout. Qu'arrivera-t-il à ce personnage à la fin du long métrage ? Nous n'en saurons rien. La fin reste tristement ouverte, comme pour signifier la défaite du réalisateur, qui délaisse son personnage. Un personnage à qui il n'aura pas réussi à donner chair. Boris Baynet est censé porter le film à lui tout seul, nous ne verrons qu'un acteur jouer au Robinson Crusoë des temps modernes, abandonné dans une nature photographiée comme dans une pub de luxe. L'esthétique déployée par Enrico Giordano n'aide pas à humaniser ce film, presque étouffant tant il n'a rien ou presque à nous dire sur le sort de cet homme (ou de l'Homme). Voilà une oeuvre bien désenchantée, à la vision de laquelle on ne ressort gère grandi...

[1/4]

3 commentaires:

  1. Vous n'avez absolument rien compris à ce film!!! Sa beauté, sa poésie, sa profondeur! La fin ouverte n'est pas une défaite bien au contraire, elle signe l'humilité du cinéaste qui ne se permet pas de juger mais de poser un regard ouvert sur le monde actuel où chacun peux interpréter avec sa sensibilité et sa culture. Mais évidemment, il n'est pas aisé pour tout le monde de vivre cette expérience cinématographique qui nous impose d'accepter le vide et propose de réfléchir par soi même et trouver ses réponses ce qui est rare de nos jours... Peut être devez vous le revoir???

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  2. Je n'ai peut-être en effet rien compris à ce film, le dossier de presse annonçait une rédemption que je n'ai pas vue. Et cette liberté d'interprétation laissée au spectateur me semble davantage relever du néant et de la fuite que d'un quelconque humanisme, voire même d'une quelconque poésie. Car au risque de me répéter, l'absence de point de vue du cinéaste me gêne, surtout au vu d'un titre aussi pompeux et d'une démarche aussi tape-à-l'oeil. Il se borne aux clichés de la finance et ne propose rien en regard (sans compter qu'il esquive le sujet), c'est bien sûr là mon humble avis.

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  3. Ne vous inquiétez pas, c'est courant aujourd'hui de voir des amis du réalisateur ou même celui-ci mener une contre attaque sur les sites Internet quand le film est critiqué, en se faisant passer pour des quidams. Ainsi on peut en voir 1 ou 2 exemples sur Allociné ou des multicomptes sont créés afin d'augmenter la note du film.

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