lundi 11 août 2014

« Un jour sans fin » (Groundhog Day) d'Harold Ramis (1993)

    « Un jour sans fin », c'est avant tout un scénario original et surtout merveilleusement bien exploité. Imaginez : Phil Connors est un présentateur météo complètement désabusé. Et pour cause, comme chaque année depuis 3 ans, il doit aller couvrir le Jour de la marmotte (censée annoncer la venue du printemps) dans une bourgade reculée de Pennsylvanie, lui qui se croit si sûr de son grand talent. Imbu de lui même, aigri, il insupporte ses collègues, mais, en trainant les pieds, fait son reportage. Vient enfin le moment de repartir vers Pittsburgh, quelle délivrance ! Hélas, le matin il se réveille dans le même hôtel que la veille... et c'est une fois encore le Jour de la marmotte. Et ainsi de suite pendant des jours et des jours : il est condamné à revivre exactement la même journée, et à revivre les mêmes situations avec les mêmes personnes que la veille. La seule chose qui change, c'est que Phil est conscient de ce qui lui arrive (c'est bien le seul) et que la seule liberté qui lui reste, c'est de choisir de vivre tant bien que mal cette journée sans fin, de façon positive ou non. De là découle une réflexion philosophique plus subtile qu'il n'y paraît : Phil est bloqué sur cette journée, mais il peut en faire ce qu'il veut, selon qu'il voie le verre à moitié vide ou à moitié plein. Il peut s'enfoncer dans la dépression la plus noire, braquer une banque ou au contraire s'améliorer chaque jour pour conquérir le cœur de la belle Andie MacDowell. « Un jour sans fin » est donc un hymne à la vie dans ce qu'elle a de plus simple. Vous êtes sur Terre pour des années, mais qu'allez vous faire de ce temps qui vous est imparti ? Voilà la question toute simple et pourtant essentielle que nous pose ce film. Et il le fait d'une fort belle (et ingénieuse) manière.

[4/4]

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