jeudi 12 avril 2012

« L'Homme au crâne rasé » (De man die zijn haar kort liet knippen) d'André Delvaux (1965)

    « L'Homme au crâne rasé » est un remarquable long métrage, et compte parmi les grandes réussites du cinéma européen des années 60. Avec une économie de moyens redoutable, André Delvaux parvient à dépeindre l'âme torturée d'un homme semble-t-il ordinaire, mais habité par des fantasmes qui le mèneront à sa perte. Delvaux parvient à distiller le malaise qui envahit cet homme peu à peu avec brio. Il lui suffit de cadrages méticuleux, d'un noir et blanc somptueux et d'idées de mises en scènes simples mais efficaces pour retranscrire le monde intérieur de notre anti-héros. Il convient par ailleurs de saluer l'excellence de l'interprétation, en particulier Senne Rouffaer, inoubliable interprète de Govert Miereveld, avocat sombrant peu à peu dans la dépression nerveuse et la folie. Saluons aussi la musique de Frédéric Devreese, soulignant fort à propos ce qui se trame à l'écran. Quant au scénario, il est ingénieusement construit et typique du « réalisme magique », mouvement auquel ce film se rattache : impossible de distinguer le rêve de la réalité, l'onirisme imprègne littéralement le long métrage au point que l'on perde tous ses repères temporels et spatiaux. Un film saisissant, sobre, mais tout sauf aride, au sensualisme surprenant compte tenu de sa forme épurée.

[3/4]

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