mercredi 27 juin 2012

« Faust » d'Alexandre Sokourov (2011)

    Libre adaptation du Faust de Goethe, la version d'Alexandre Sokourov ne nous offre hélas pas grand chose sinon une esthétique glauque et sordide, et une vision assez repoussante de la vie. Vous l'aurez compris, ce n'est pas la joie de vivre qui caractérise le mieux notre ami russe. « Faust » est un film grotesque. Mais il n'atteint pas le beau, grotesque lui aussi, cependant, du « Faust » de Murnau, grand cinéaste allemand disparu trop tôt. Ici nous avons le droit à des filtres et de l'anamorphose, dans la droite continuité de ce qu'a réalisé jusqu'à présent Sokourov. Mais en plus de deux heures, le cinéaste russe ne parvient pas à hisser son film sur les cimes où on l'attend. Quelques dialogues ici et là viennent nous rappeler que Sokourov a eu un jour un tant soit peu de talent, mais rien de bien consistant à se mettre sous la dent. Vous aurez le droit à des effets spéciaux assez vomitifs en guise de substitut. Bref, difficile de trouver des qualités à cet essai expressionniste, à la manière de Caspar David Friedrich certes, excusez du peu, mais qui peine à renouveler l'art de son auteur, et surtout à égaler son chef-d'œuvre « Mère et fils », la faute à un propos par trop décevant et un manque de goût assez criant. Une déception.

[1/4]

2 commentaires:

  1. Salut Arthur.

    Je vais essayer de prendre le temps, dans les jours qui viennent, de publier mon avis sur ce film, pour le défendre un peu, tant je l'ai trouvé admirable, en tout point. Il s'agit à mes yeux d'un chef d'oeuvre, mais un chef d'oeuvre difficile, non pas que son propos soit ardu, mais parce que c'est un film très dense et peu accueillant, mais ceci par un grand souci et une grande cohérence, devenus très rares aujourd'hui, de mise en scène. Ce film me semble parfaitement correspondre à ce que j'attends d'une oeuvre d'art: une grande vision d'artiste, très personnelle, sur une question essentielle (existentielle pour employer les grands mots): la lutte de l'homme contre son "état de nature". Question qui replacée dans le cadre de la tétralogie que vient conclure le film, en donne un sens et une portée plus profonde encore.

    J'ai d'ailleurs prévu de le revoir demain, ce qui me permettra peut-être d'affiner encore plus ce qui est encore de l'ordre de l'impression. L'occasion peut-être également de discuter de nos divergences sur la réception du film, et de parler cinéma dans le détail.

    A+

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    1. Je te l'accorde, c'est une œuvre difficile. Non dénuée de qualités, il est vrai. J'attends donc avec impatience que tu me donnes ton avis!

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