samedi 11 décembre 2010

«Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain» de Jean-Pierre Jeunet (2001)

    L'art comme mensonge, ou plutôt comme illusion permettant de maquiller le réel (et les-petits-tracas-du-quotidien), voilà peu ou prou la conception de Jean Pierre Jeunet semble-t-il en la matière. Mais est-ce vraiment de l'art qu'il nous offre avec son « Amélie Poulain »? La question se pose tant l'on frise la surenchère d'effets visuels et numériques des plus vilains, d'humour gras et facile, de péripéties larmoyantes et autres moyens au ras des pâquerettes destinés à faire décoller une histoire qui n'a pas grand chose pour elle... « Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain » c'est un peu comme un hamburger indigeste à qui l'on aurait injecté une substance anti-vomitive, en l'occurrence la musique de Yann Tiersen. Oh certes ça n'est pas de la grande musique, mais elle est simple et jolie, et les seuls moments où l'on se sent un chouilla touché par le film c'est en présence des mélodies du breton. Pour le reste, je dois dire que je suis consterné. Tant de bêtise, tant de vulgarité... C'en est à pleurer! Dire que des jeunes (et des moins jeunes) un peu partout dans le monde fantasmeront sur une telle idée de la France et de son cinéma... Il n'y aurait pas de quoi crier au loup si l'on se souvenait encore aujourd'hui de ce qu'étaient le Réalisme poétique ou la Nouvelle Vague (pour comparer ce qui est comparable – et encore!)... Non décidément, une telle niaiserie qui s'affiche sans rougir, une telle autosatisfaction, une telle complaisance de la part de Jeunet, envers ses personnages régressifs et sa vision rétrograde du monde ou de l'art, c'en est trop pour moi. Juste une dernière remarque sur les similitudes que partage ce long métrage avec le « Good Bye, Lenin! » de Wolfgang Becker : même compositeur, même nostalgie passéiste, même recherche surfaite de spontanéité (ambition vaine et à la mode, tout autant dans les clips musicaux d'ailleurs – et « Amélie Poulain » tient certainement plus du clip que du cinéma)... Mais le film du réalisateur allemand avait ce je ne sais quoi en plus... Peut-être est-ce sa façon amusante de détourner les signes du communisme qui faisait mouche... Ou peut-être est-ce tout simplement l'« exotisme » est-allemand, auquel cas j'en viens à me demander si nos amis germaniques ne ressentent pas la même exaspération envers ce long métrage que moi-même envers « Amélie Poulain » et l'énormissime cliché qu'il représente... Je croyais que Luc Besson était le seul cinéaste français à avoir fait de l'infantilisme son fonds de commerce, je concède m'être lourdement trompé.

[0/4]

2 commentaires:

  1. Mieux que les niaiseries de DE SICA ou de AMARCORD.
    Vulgarité? C'est plutot Fellini le vulgaire, détraqué sexuel ou les femmes ne savent que rouler du cul et les hommes se masturber! Amélie Poulain est un grand film par rapport à Amarcord, film vomitif sur le contenu.
    Je ne vois pas la vulgarité dans Amélie????????????!!!!!!!! Pour une fois que le cinéma de notre exception culturelle s'exportait ET était passable!

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  2. Je n'aime pas « Amarcord », je me vois donc mal le défendre. Fellini a de toute évidence un problème avec le sexe, mais ne retenir que ses défauts me semble bien réducteur. Il a une réelle sensibilité et est loin de ne parler que de ça dans ses films.

    « Amélie Poulain » est simplement stupide (ce début, justement vulgaire, et tout le reste du film) et laid (cette photographie jaunasse horrible)... Jeunet a une sensibilité pachydermique, et le tout sonne complètement artificiel, c'est d'une lourdeur! Et que c'est glauque (toujours cette photographie et cette histoire neuneu)... Je ne suis pas étonné que ce film là s'exporte, vu le niveau de la culture de masse/fast-food que l'on nous sert hélas partout dans le monde aujourd'hui, à grands renforts de publicité...

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