mercredi 27 juillet 2011

« J'ai rencontré le diable » (Akmareul boatda) de Kim Jee-woon (2011)

    De temps à autres, comme ça, il sort sur nos écrans un film extrêmement violent qui surpasse en horreur la plupart de ce qui a déjà été tourné (même si je suppose, hélas, qu'il y a « pire »). Celui-ci en l'occurrence ne manque pas de « tenue » : cadrages millimétrés, plutôt bons interprètes, photographie léchée... Mais de là à parler de réflexion sur la violence... La seule question qu'il pose c'est surtout pourquoi sommes-nous là en train de le regarder? Pourquoi regarder un film avec un type qui viole en gros plan, et qui découpe soigneusement ses victimes? Et quel besoin a-t-on de faire des films aussi cruels et nauséabonds? Est-ce la recherche d'une quelconque catharsis? Eprouve-t-on du plaisir à réaliser, et à jouer dans un tel long métrage? Voilà peu ou prou ce que « J'ai rencontré le diable » propose à l'intellect. Pour le reste il joue habilement avec le spectateur, avec son dégoût et son angoisse, le suspense étant maintenu, et l'obscénité soigneusement entretenue... Mais rien de plus facile que de donner chair à un personnage détestable pour le donner en pâture à un justicier fou de douleur, et à un spectateur qui veut voir le méchant s'en prendre plein la tronche. Jusqu'à ce que les rôles s'inversent et que le justicier/spectateur devienne aussi lamentable que le meurtrier du film. Et c'est vrai : si vous allez voir ce film, vous serez juste un peu plus amer... Selon moi un film à soigneusement éviter donc. Surtout que la mise en scène (déjà-vue) de Kim Jee-woon ne vaut en aucun cas le déplacement : c'est toujours bien le grossier réalisateur de « Le Bon, la Brute et le Cinglé » aux commandes, mêmes couleurs et mêmes mouvements de caméra clinquants, pour un résultat tout aussi vain (même si « Le Bon... » était au moins vaguement divertissant).

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