lundi 1 août 2011

« Eloge de l'amour » de Jean-Luc Godard (2001)

    Un internaute suggérait de regarder ce long métrage en coupant le son : la prochaine fois que je le visionnerai je ne manquerai pas de le faire. Il est vrai qu'en essayant de le voir de la sorte quelques minutes durant, j'avais l'impression d'être face à un autre film... Comme d'habitude chez Godard, on trouve du bon, voire du très bon... et du moins bon. Pour un résultat moyen en somme. Et là encore, comme d'habitude, cela vient de son goût pour la réflexion à prétention philosophique pas toujours du meilleur aloi, et de cette logorrhée usante... D'autant qu'une fois de plus (encore une habitude chez notre ami cinéaste), nombre des aphorismes qui émaillent son long métrage ne sont pas de lui, mais de prédécesseurs divers et variés! Bref Godard sans le son, c'est une délivrance, et même une joie tant il est vrai qu'il a le sens du cadre et du montage, et qu'il sait filmer les êtres avec grâce. Mais tout compte fait, Godard est-il vraiment un cinéaste? N'est-ce pas plutôt un écrivain qui s'est trompé de muse? Ou un sociologue, ou encore un anthropologue, voire un historien? Il est peut-être un peu tout cela à la fois, et je dois dire que si son « Eloge de l'amour » n'est sans doute pas ce qu'il a fait de mieux, c'est en revanche un film intéressant, profond, et étrangement poétique, c'est vrai. On sent une espèce de désenchantement dans ces images et ces pensées qui nous ramènent toujours à l'Histoire. Car ce qui est étonnant, c'est que plus que d'amour, c'est d'histoire que semble nous parler Godard. A moins qu'il ne nous conte l'histoire de l'amour, ou l'amour dans l'Histoire... Mince voilà que je pense comme lui! Dans tout les cas le travail sur l'image et la photographie est remarquable, et l'envergure de cet opus est pour une fois digne de la flatteuse réputation du cinéaste franco-suisse : la nostalgie qui l'emplit émeut quelque peu, chose que je ne pensais plus pouvoir dire d'un de ses films... Son art en effet ne tient qu'à un fil, mais c'est certainement cette fragilité qui lui donne tout son charme.  Et même si je pense qu'on surestime parfois la façon de faire de Godard, « Eloge de l'amour » ne manque pas de qualités, le rendant supérieur à une bonne part de sa filmographie (militante).

[2/4]

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