lundi 27 juin 2011

« Jugatsu » (3-4x jugatsu) de Takeshi Kitano (1990)

    Les films les plus représentatifs de Takeshi Kitano sont certainement « Sonatine » et « Hana-Bi », ce dernier s'avérant de surcroît émouvant malgré quelques facilités d'écriture. J'ai ma petite préférence pour « Achille et la tortue », à mon sens riche méditation (par l'exemple) sur l'art, marquant l'aboutissement de la crise intérieure et artistique de Kitano, où l'espace de trois longs métrages (ce dernier ainsi que « Takeshis' » et « Glory to the filmmaker ») il avait profondément remis en cause sa conception du cinéma, l'éclatant littéralement... pour mieux revenir à ses premiers amours. Les deux premiers films de cette « trilogie » sont pour le moins bancals, montrant à quel point Kitano s'était embourbé dans sa réflexion sur lui-même, tant il semblerait que l'art soit au-delà de l'« intellectualisme » : dès que l'on se demande comment l'on fait pour marcher ou parler, cela nous devient terriblement difficile, et je crois pouvoir dire que c'est un peu la même chose d'un point de vue artistique (ou autre). A l'inverse, « Jugatsu », son deuxième long métrage, a été réalisé dans sa pleine période « ascendante », c'est donc un film totalement décomplexé, qui ose tout, au rythme à la fois décousu et étonnamment maitrisé, à l'humour très particulier (euphémisme) mais la plupart du temps ravageur. Kitano joue sur tous les registres, fait passer l'émotion à différents niveaux, tout en gardant une certaine distance burlesque, surtout vers la fin du film et son apparition sous les traits d'un yakuza hautement improbable et violent. Difficile de trouver un point d'ancrage dans ce long métrage parfois confus et brouillon, même si le « héros » béat qui parcourt le film, hébété et souvent spectateur de l'action des uns et des autres, semble être celui par lequel l'on vive tout ce qui s'y déroule. Difficile aussi de résumer ce film, que j'adresserai surtout aux admirateurs du cinéaste japonais, les autres risquant d'être quelque peu décontenancés par ce long métrage pas toujours très fin et subtil, mais à la singularité déjà bien marquée pour un second essai.

[1/4]

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